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15 ans après, le monde évangélique se souvient du missionnaire Jacques André Vernaud

Eglise la Borne

Disparu le 28 septembre 2011, le fondateur de La Borne a laissé une empreinte indélébile. Son ombre affecte même la génération qui ne l’a pas connu.

Le 28 septembre 2011 – 28 septembre 2026. Quinze ans. Quinze ans déjà que Jacques André Vernaud a rejoint la patrie céleste. Les églises de la Borne et la communauté des Assemblées de Dieu en général, se souvient de cet homme.

Arrivé à Kinshasa en 1965 avec son épouse Johanna Hermina, à une époque où, selon ses contemporains, le paysage ecclésial zaïrois « ne rimait qu’à un système traditionaliste et dogmatique », il a osé. Il a quitté le confort de l’Europe pour un « environnement spirituellement sombre ».

Et il a semé. Longtemps. La Borne a essaimé à travers le pays et exporté son modèle évangélique basé sur la repentance. Le culte francophone a connu un essor grâce à La borne, qui célèbre ses cultes avec les répertoires d’Exo-Eclat, Jeunesse en mission, etc

“Un de mes maîtres”

Son nom résonne toujours comme celui d’un géant. Un Baobab. Pasteur pentecôtiste suisse, fondateur du Centre Évangélique Francophone La Borne, Vernaud n’était pas un pasteur comme les autres. Il était un défricheur. Un bâtisseur. C’est ce que pense Michelange Bompere, un ministre de Dieu ébloui par l’étoffe de Vernaud:

« Vernaud est un de mes maîtres quoique je ne l’aie jamais vu physiquement. J’ai beaucoup bénéficié de son apostolat. C’est un privilège de lui faire un témoignage public », nous a-t-il confié, avec une humilité désarmante.

C’est cela, la marque des grands hommes. Influencer au-delà de leur présence physique.
Par leurs écrits, leurs prédications, leur vie. Pour Michelange Bompere, l’héritage de Vernaud n’est pas une nostalgie. C’est une boussole pour aujourd’hui.

Le message qui ne meurt pas

Qu’aurait dit Vernaud à la RDC de 2026 ? La question est vertigineuse.
Pour Bompere, la réponse est claire, limpide comme le message de son maître :
« Son message centré sur la croix ne peut disparaître dans le temps. Il demeure d’actualité jusqu’à l’avènement de Christ. S’il était là aujourd’hui, sans l’ombre d’aucun doute, il aurait appelé l’Eglise de la RDC à un retour au message de la croix et à la vie sainte qui en découle. Et à la nation congolaise en général, il aurait appelé à la vertu, aux valeurs morales qui favorisent l’émergence d’une vraie société ».

Un appel à la vertu. Dans une République en quête de repères, le message résonne avec une force prophétique.

Le Baobab et ses rejetons

De l’école Vernaud sont sortis les plus grands noms de l’évangile congolais contemporain : Roland Dalo, Gabriel Vehí, Israël Nsembe… Une génération de prédicateurs qui, chacun à sa manière, a essaimé.

« La seule manière de perpétuer l’héritage de notre père Jacques André Vernaud est de prendre le chemin du retour au vrai message de Christ », martèle Michelange Bompere.


« Bien plus qu’une simple théologie dans sa bouche, son message sur la croix était l’expression du cœur de Dieu qu’il portait pour cette génération. C’est pour moi un privilège de rendre témoignage de ce baobab de la foi, un pionnier, un précurseur dont la vie a été consacrée à cette très pénible cause de l’évangile pour nous frayer un chemin lumineux à suivre ».

Jimmy Sita

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