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Les 7 clés d’un dialogue national qui marche, selon le Professeur Abbel Ngondo

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Comment réussir le dialogue national que d’aucuns appellent de tous leurs vœux ? A cette question qui divise la classe politique, le Professeur Abbel Ngondo Ndjondo apporte des réponses concrètes dans son nouvel essai « Du dialogue à l’action », un bréviaire d’une centaine de pages pour éviter les dialogues pour rien.

Joint au téléphone lundi par l’un de nos reporters, l’auteur de « Du dialogue à l’action : de la base au sommet ; bâtir un nouveau pacte social pour la paix, le développement, la cohésion et l’intérêt général », paru au Centre Africain de Recherche sur l’Ingénierie Electorale (CARIE), ne mâche pas ses mots.
Pour lui, la RDC est malade de ses dialogues sans lendemain.

« Depuis un certain temps, la RDC a connu plusieurs dialogues. Mais on ne peut pas seulement dialoguer, on doit aussi passer aux actions », tranche le professeur.

La méthode d’abord

Loin des discours convenus, l’ouvrage dissèque toute la chaîne du dialogue.
« Du dialogue à l’action propose ainsi une réflexion sur les conditions concrètes de réussite d’un dialogue national : sa préparation, son organisation, l’implication des forces politiques et sociales, la définition d’objectifs clairs, la conclusion d’un pacte social et le suivi effectif des engagements pris », explique Abbel Ngondo Ndjondo.

Et pour l’universitaire, tout se joue avant même de s’asseoir autour de la table.
Il faut une préparation minutieuse, une organisation rigoureuse et surtout, une volonté de dépasser ses propres chapelles.

L’état d’esprit du compromis

C’est là que le bât blesse souvent.
Le Pr Ngondo met en garde contre le syndrome du vainqueur.

« Dans le dialogue il faut éviter l’esprit selon lequel je pars pour gagner, parce que dans le dialogue il ne peut pas avoir un gagnant et un perdant, c’est-à-dire qu’il faut arriver à faire des concessions », martèle-t-il.

Il énonce alors sept principes cardinaux, sept garde-fous pour ne pas accoucher d’une souris : « l’inclusivité, la subsidiarité, la traçabilité, la transparence, l’impartialité, la complémentarité et le principe de proximité ».

Deux concepts retiennent son attention.
La subsidiarité, qui veut que « chaque problème doit être traité au niveau le plus proche possible, d’où la nécessité de la base ».
Et la proximité, qui est, selon lui, « la légitimité du dialogue ».
Autrement dit, pas de dialogue déconnecté du vécu du Congolais de Masisi, de Boma ou de Kalemie.

Du dialogue-spectacle au dialogue-action

Pour l’auteur, l’enjeu est de transformer le dialogue en un véritable instrument de transformation.
Il invite donc « les décideurs, les acteurs politiques, la société civile, les confessions religieuses et les citoyens à dépasser les intérêts particuliers ».

Une interpellation qui sonne comme un rappel à l’ordre à l’heure où les appels au dialogue se multiplient sur fond de crise sécuritaire dans l’Est et de tensions politiques internes.

« On ne peut pas seulement dialoguer, on doit aussi passer aux actions », résume-t-il le sens de son titre.
Pour lui, la concertation, si elle est indispensable pour apaiser les tensions, « ne vaut que si elle s’ancre dans le vécu des populations et se traduit par des actes qui améliorent le quotidien ».

Docteur en Sciences politiques, professeur à l’Université de Kinshasa et spécialiste reconnu des questions d’« Election et gouvernance politique », Abbel Ngondo Ndjondo, membre de plusieurs sociétés savantes nationales et internationales, dit avoir voulu apporter « une pierre à cette réflexion collective » pour un dialogue enfin orienté vers des résultats concrets.

Jimmy Sita

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