Desouza Santu reprend la voix de Mobutu pour dénoncer les dérives de certaines églises dites de réveil
“Citoyennes et citoyens”. La phrase qui faisait trembler le Zaïre est de retour. Mais plus question de politique. Cette fois, c’est dans le temple que ça tape.
Récemment mis en ligne, « Alléluia » de Desouza Santu fait déjà l’effet d’une bombe. 10 minutes de chanson. 10 minutes de vérité. Sur un rythme nostalgique à la OK Jazz, l’artiste endosse la rhétorique de l’ancien président Joseph Mobutu pour tirer à boulets rouges sur les dérives de certaines églises dites de réveil.
« Jésus est ici… Et s’il n’était nulle part ? »
L’entrée en matière est brutale. Le ton est solennel, la voix est grave. « Citoyennes et citoyens, les églises de Réveil ne cesseront de nous étonner dans notre pays. Vous les entendrez, certaines, en longueur de journées chanter Jésus est ici, d’autres Jésus est en train de revenir. Sincèrement, Jésus-Christ en question serait vraiment où ? »
Une question qui claque comme une gifle. Et derrière, la liste des maux s’allonge. Faux « daddy », vrais scandales. Desouza Santu ne mâche pas ses mots. Il vise les pratiques qu’il juge toxiques dans certaines communautés.

« Certains faux oints exigent aux femmes d’autrui de les appeler “daddy”. D’autres abandonnent leurs maris à la maison pour se précipiter aux programmes de l’église sans leur consentement. D’autres encore vont jusqu’à laver les femmes d’autrui », dénonce-t-il.
L’artiste s’attaque aussi à la reconversion express des “voyants“ d’hier. Ceux qui prédisaient l’avenir au bord de la route. Les voilà devenus “prophètes”, costume-cravate et Bible à la main.
Mais le plus gros morceau reste l’argent. Cette guerre des offrandes qui crée deux catégories de fidèles.
« Dieu ne fait acception de personnes et chacun donne selon ses moyens », martèle-t-il. Un rappel à l’ordre pour ceux qui vendent la bénédiction au plus offrant.
La satire en mode OK Jazz
Musicalement, le choix est assumé. Desouza Santu va puiser chez Franco et l’OK Jazz. Cuivres chauds, guitares qui claquent, et par-dessus, une satire sociale qui ne pardonne pas.
Le contraste est terrible : on danse pendant qu’on se fait sermonner. Du très congolais. Avec “Alléluia”, Desouza Santu ne déclare pas la guerre à Dieu. Il tire la sonnette d’alarme. Il rappelle que la foi sans discernement ouvre la porte à tous les abus.
En quelques jours, le morceau est devenu viral à Kinshasa. Parce que visiblement, beaucoup attendaient quelqu’un pour le dire à haute voix. Avec la voix de Mobutu.
SJ
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