Dialogue national: « Energie nouvelle » adhère!
Junior Monsese Ngoya
Le projet de refondation de l’État annoncé par le Président Félix Tshisekedi trouve un écho favorable au sein de la classe politique centriste.
Le courant Énergie Nouvelle a officiellement apporté son soutien à cette initiative qui divise pourtant l’opposition.
Dans sa prise de position rendue publique ce vendredi 28 août à Kinshasa, le présidium de cette formation politique centriste estime que le futur dialogue national ne devrait pas être perçu comme une opportunité de repositionnement politique pour les acteurs, mais comme un moment historique de refondation.
Une ligne claire est tracée par son leader, Junior Monsese Ngoya.
Pour lui, la priorité n’est pas le partage du pouvoir, une pratique qui a fragilisé tous les cycles de dialogue en RDC depuis Sun City.
« (…) le dialogue ne doit pas devenir un nouveau partage du pouvoir. La RDC a besoin de refonder son État, de consolider ses institutions et de construire une démocratie dans laquelle majorité et opposition peuvent exercer leurs responsabilités sans transformer leurs divergences en fractures nationales », peut-on lire dans la déclaration dont une copie est parvenue à Congo 26.com.
Le parti centriste dit prendre acte de l’allocution du Chef de l’État annonçant l’ouverture prochaine du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
À ses yeux, c’est la voie la plus républicaine pour mettre fin aux crises à répétition qui minent la stabilité du pays, de l’Est à l’Ouest.
Énergie Nouvelle insiste : ces assises ne doivent être ni un acte de reddition, ni un ring politique où s’affrontent pouvoir et opposition.
Elles doivent servir la Nation, favoriser la quête de vérité, la réconciliation et jeter les bases d’un État véritablement transformé, fort et impartial.

Autre point fortement salué par le courant : l’option de partir des 26 provinces avant les assises nationales.
Pour le mouvement de Junior Monsese Ngoya, cette démarche ascendante est la seule garantie que les résolutions finales refléteront la volonté du Congolais de la base, et non celle d’une élite kinoise.
Il plaide pour une implication totale des politiques, des chefs coutumiers, des confessions religieuses, des jeunes, des femmes, des opérateurs économiques, du monde scientifique et de la diaspora congolaise.
Au-delà des discours, Énergie Nouvelle veut du concret et des engagements mesurables à l’issue du dialogue.
Le parti liste plusieurs urgences qui devront figurer au cœur du Pacte : la sécurisation du territoire national et la fin de la guerre dans l’Est, une justice équitable et indépendante, la révision consensuelle de la loi électorale, la décentralisation réelle et effective, la lutte sans complaisance contre la corruption, la relance de l’économie productive et la création massive d’emplois, sans oublier l’agriculture, la pêche, l’élevage et l’éducation.
Le courant dit oui au futur Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, mais pose ses conditions pour éviter qu’il ne finisse comme les accords précédents dans les tiroirs.
Il exige un chronogramme clair d’exécution, des responsabilités bien réparties, des moyens financiers mobilisés, des indicateurs de résultats et un mécanisme indépendant et transparent de suivi et d’évaluation.
Sous son slogan fétiche « Paix oui, impunité non », Énergie Nouvelle réaffirme son attachement indéfectible à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République.
Tout en soutenant les initiatives diplomatiques en cours pour le retour d’une paix durable, notamment les processus de Luanda et de Nairobi, le parti rappelle qu’aucune paix durable ne peut se bâtir au détriment des victimes et que la réconciliation nationale doit impérativement aller de pair avec la justice.
Se définissant comme une force du centre, à équidistance des extrêmes, Énergie Nouvelle revendique une posture d’équilibre assumée : ni soutien aveugle et automatique au pouvoir en place, ni opposition de principe et systématique.
Il dit incarner la voie de la raison et de la responsabilité républicaine.
D’où son appel final à toutes les forces vives du pays, majorité, opposition, société civile et confessions religieuses, à s’engager dans ce processus avec sens patriotique et esprit constructif, pour parvenir non pas à de nouveaux accords de partage de pouvoir, mais à un nouveau Contrat républicain articulé autour d’un État fort, d’une démocratie apaisée et responsable, d’une économie productive et d’une gouvernance basée sur la compétence et les résultats.
JS
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