Mbujimayi : Hilaire Kabuya Kabeya Tshilobo, veut faire des déchets une source de richesse
Hilaire Kabuya
Hilaire Kabuya Kabeya, appelle à une meilleure application des dispositions légales relatives à la gestion des déchets en RDC.
Dans un entretien exclusif accordé à Congo26.net, mardi 13 octobre 2026, le professeur Hilaire Kabuya a notamment insisté sur la nécessité pour les autorités de la ville de Mbujimayi, au Kasaï-Oriental, de renforcer le cadre réglementaire de l’assainissement et de considérer les déchets comme une source potentielle de richesse.
Il soutient que, la gestion des déchets en RDC est encadrée par la loi n° 11/009 du 9 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement. Il évoque particulièrement l’article 76, alinéa 2, qui, selon lui, établit des compétences d’attribution aux autorités provinciales et aux entités territoriales décentralisées (ETD).
Abordant la question des déchets domestiques, le juriste environnementaliste souligne que ceux-ci ne se limitent pas aux déchets produits par les ménages. Ils comprennent également, explique-t-il, les déchets provenant des lieux accueillant habituellement du public, notamment les stades, les marchés, les bâtiments administratifs, les écoles et les universités.
Face à cette situation, il estime que l’autorité urbaine de Mbujimayi devrait prendre un arrêté conforme aux dispositions de la loi de 2011.
« Je sais qu’en son temps, il y en avait un pour gérer le projet Mbujimayi Mankenda. Aujourd’hui, y a-t-il un arrêté adapté à la loi de 2011 ? Je ne le pense pas », déclare-t-il, tout en appelant à veiller à la mise en application de cette législation.
Doyen de la faculté de droit à l’UOM, la célèbre université de Mbujimayi, Hilaire Kabuya plaide également pour l’implication du pouvoir législatif provincial, notamment à travers les édits relatifs à la gestion des déchets. Il fait référence à un édit récemment promulgué au Kasaï-Oriental, qu’il considère comme un texte susceptible d’inspirer l’action du pouvoir exécutif provincial.
Les engrais bio organiques à bas prix
Au-delà des textes juridiques, le juriste environnementaliste attire l’attention sur les conséquences de la mauvaise gestion des matières fécales. Dans la ville de Mbujimayi, ces enjeux demeurent préoccupants.
Il cite notamment le boulevard Laurent-Désiré Kabila. Des bâtiments et institutions y figurent, dont Rawbank, Airtel, le gouvernorat provincial, l’ITM, l’ISTM et la Banque centrale.
D’après lui, les eaux pluviales entraînent des matières fécales issues de la prison centrale. Elles atteignent les voies publiques. Cela expose les habitants à des risques sanitaires causés par cette pollution.
« On peut considérer ce boulevard comme une zone richissime de la ville de Mbujimayi. Malheureusement, lorsqu’il y a des pluies, les matières fécales de la prison centrale sont évacuées sur les voies publiques. Elles portent les maladies associées », déplore-t-il.
Pour lui, cette situation démontre l’importance d’intégrer la gestion des matières fécales dans les programmes d’assainissement urbain.
Pour résoudre cette situation, le professeur Hilaire Kabuya Kabeya préconise l’achat de matériel adapté. Cette démarche facilitera la vidange des fosses septiques. Elle s’applique aux sites cités, notamment la prison centrale, les villas de la MIBA et d’autres constructions modernes.
Il préconise ensuite le transport des matières fécales collectées vers des sites éloignés des habitations, situés, selon sa proposition, à une distance de 10 à 50 kilomètres de la ville.
Son idée consiste à aménager des espaces de traitement. Ces matières pourraient être enfouies sous une couche de terre à environ 50 centimètres. Cela favoriserait leur transformation au contact du sol.
Le juriste environnementaliste envisage ainsi leur valorisation sous forme d’engrais organique destiné notamment à l’agriculture.
« Nous considérons les déchets comme une opportunité de richesse », affirme-t-il.
Il propose de conditionner le produit obtenu dans des sacs de 25 ou 50 kilogrammes. Cela facilite sa commercialisation à un prix accessible pour les agriculteurs.
« Là où on vend un sac d’engrais chimique à 50 dollars, par exemple, moi, je le vendrai à 10 000 FC le sac d’engrais organique bio », explique-t-il.
Ainsi, le professeur Hilaire Kabuya Kabeya met en avant une approche. Cette approche associe l’assainissement urbain à la valorisation économique des déchets.
Rédaction
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