×

RN1 : les transporteurs dénoncent des pénalités excessives et la multiplicité des barrières entre Kinshasa et Mbuji-Mayi

les transporteurs routiers

Les transporteurs opérant sur le tronçon Kinshasa-Mbuji-Mayi dénoncent des pratiques qu’ils jugent injustes dans le contrôle du tonnage des camions ainsi que la multiplication des barrières routières.

Les transporteurs opérant sur la route nationale numéro 1 (RN1), entre Kinshasa et Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, dénoncent ce qu’il considèrent comme une différence de traitement dans le contrôle du tonnage des camions entre les tronçons Matadi-Kinshasa et Kinshasa-Mbuji-Mayi.

L’un d’eux, qui a requis l’anonymat, appelle les autorités nationales à intervenir et évoque la possibilité d’une grève pour faire entendre leurs revendications.

Selon lui, sur le tronçon Matadi-Kinshasa, le contrôle effectué au pont-bascule ne prendrait en compte que le poids de la marchandise, sans considérer celui du camion lui-même. En revanche, sur le tronçon Kinshasa-Mbuji-Mayi, le poids du véhicule et celui de la marchandise sont tous deux pris en compte.

Il estime que cette différence de traitement constitue une injustice à l’égard des transporteurs qui desservent le Kasaï-Oriental.

Des pénalités pouvant atteindre 2 000 dollars

Pour illustrer cette situation, le transporteur évoque le cas d’un camion pouvant transporter 45 tonnes, mais dont le tonnage autorisé au pont-bascule de Menkao serait limité à 42 tonnes, en tenant compte du poids du véhicule et de celui de la marchandise.

Il affirme que cette méthode de calcul entraîne fréquemment des excédents de tonnage, exposant ainsi les transporteurs à des pénalités financières importantes.

« Avant, on facturait 125 dollars par tonne excédentaire. Aujourd’hui, on a commencé à faire payer des pénalités qui peuvent aller jusqu’à 2 000 dollars. On vous bloque là-bas pendant un ou deux mois, jusqu’à ce que vous payiez cet argent », déplore-t-il.

Pour cet opérateur du secteur des transports, ces pratiques pénalisent les transporteurs et contribuent à l’augmentation du prix des marchandises acheminées vers Mbuji-Mayi.

« Cette pratique fait que les marchandises arrivent à Mbuji-Mayi à un prix très élevé. C’est pourquoi les marchandises coûtent cher à Mbuji-Mayi », explique-t-il.

Face à cette situation, il appelle le gouvernement, le président de la République et la Première ministre à se saisir du dossier. Il demande notamment au directeur général du Fonds national d’entretien routier (FONER) de revoir les modalités de calcul du tonnage, en privilégiant le poids de la marchandise transportée.

« Pourquoi néglige-t-on le poids du camion sur le tronçon Matadi-Kinshasa, alors qu’on prend en compte à la fois le poids du camion et celui de la marchandise sur le tronçon Kinshasa-Mbuji-Mayi ? », s’interroge-t-il.

Dénonçant ce qu’il qualifie d’injustice, le transporteur affirme que les opérateurs concernés se concertent en vue de décréter une grève sur le tronçon Kinshasa-Mbuji-Mayi.

La multiplication des barrières routières

Outre les difficultés liées au contrôle du tonnage, ce transporteur dénonce la multiplication des barrières sur la route nationale numéro 1.

Il rappelle qu’une précédente démarche avait permis de retirer certaines barrières, avant que celles-ci ne réapparaissent pendant la nuit.

« On dégage les barrières la journée et, la nuit, toutes les barrières reviennent », affirme-t-il.

Selon lui, les transporteurs sont contraints de débourser de l’argent à différents points de contrôle. Il cite notamment la TCR, pour laquelle un montant de 40 000 francs congolais, voire 25 000 francs, serait exigé par camion, ainsi que la Transcom, qui réclamerait également des paiements.

Il s’interroge sur la présence de nombreux services de l’État ayant installé des bureaux le long de la RN1 et sur les raisons justifiant ces prélèvements.

Ce transporteur évoque également la situation à Tshikapa, où, selon lui, les opérateurs doivent payer une taxe locale sur les marchandises transportées, y compris lorsqu’il s’agit de produits comme le riz.

« Ce n’est pas possible ! La Constitution dit que la circulation des biens et des personnes est garantie, mais ce n’est pas ce que nous observons sur cette route-là », déplore-t-il.

À travers ces dénonciations, ce transporteur appelle les autorités compétentes à harmoniser les modalités de contrôle du tonnage et à examiner la question des barrières routières et des prélèvements imposés aux transporteurs sur l’axe Kinshasa-Mbuji-Mayi.

Rédaction

Je partage ce contenu: