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Ce qui m’inquiète dans la presse congolaise…

La solidarité, oui. Mais la solidarité ne doit jamais devenir une couverture pour les dérives.

S’il s’agit d’un premier cas, on peut encore comprendre, rappeler à l’ordre, conseiller. Mais lorsque cela devient une habitude, arrêtons de nous mentir.

Plus inquiétante encore est cette solidarité sélective à laquelle nous assistons depuis un certain temps. Elle donne parfois le sentiment que les affinités comptent davantage que les principes. Nous aurions simplement souhaité voir cette même solidarité pour tous les journalistes, sans distinction ni proximité.

La vraie solidarité ne commence pas lorsque les dégâts sont déjà commis. Elle commence lorsque le confrère ou la consœur commence à s’écarter de sa mission, de son éthique ou des règles de son métier.

C’est à ce moment qu’il faut avoir le courage de dire : « Tu vas trop loin. Arrête-toi. »

Parce que conseiller avant la faute, interpeller avant la dérive, rappeler à ses responsabilités avant que la situation ne dégénère : voilà la vraie solidarité.

Mais lorsque vous l’avez vu faire, refaire, et même recommencer après avoir été rappelé à l’ordre, puis que vous vous mobilisez uniquement lorsque les conséquences arrivent, ce n’est plus de la solidarité. C’est de l’hypocrisie.

Autre dérive qui tend à se banaliser : diffamer, accuser sans preuve, raconter n’importe quoi pour s’attirer la sympathie de certains décideurs ou obtenir des avantages. Et là encore, on regarde, on se tait. Jusqu’au jour où les conséquences tombent.

Puis soudain, tout le monde se réveille : « On s’attaque à notre confrère ! »

Pourquoi attendre la chute pour tendre la main alors qu’on pouvait empêcher la chute ?

Défendre un journaliste ne signifie pas défendre toutes ses actions. Défendre la presse, c’est aussi défendre son éthique, sa crédibilité et sa responsabilité devant la société.

La vraie solidarité exige parfois du courage : corriger son confrère plutôt que l’encourager, le rappeler à l’ordre plutôt que le couvrir, lui dire la vérité plutôt que lui faire plaisir.

La solidarité après la faute peut être une réaction.
La solidarité avant la faute est une responsabilité.

Et si nous voulons réellement défendre notre profession, commençons par avoir le courage de nous dire la vérité entre nous.

Noëlla Kambaja

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