La drogue qui fait trembler Kinshasa
« Mpuku ameli congélateur ». Traduisez : le rat a avalé le congélateur. Tel est le nom de la drogue qui menace la santé des jeunes à Kinshasa. Un médecin alerte le gouvernement.
Le nom fait rire. Le contenu, beaucoup moins. La recette ? Un cocktail maison : diazépam pour dormir, tramadol pour planer, cyproheptadine et prométhazine pour assommer. Et un cinquième ingrédient mystère, que même le docteur demande qu’on analyse en laboratoire.
C’est dire que sur le papier, ce sont des médicaments de la pharmacie. Un assemblage sans protocole et devenu dans la rue, une drogue.
Le mélange débranche le cerveau : grosse somnolence, mémoire en panne, coordination à zéro. Le tramadol, lui, joue les trouble-fête : dépendance, convulsions, respiration qui s’arrête. On en voit les images sur TikTok et Facebook, avec des jeunes en transe.
Dans une lettre ouverte du 09 septembre 2026, le Docteur Hervé Mutinzumu Nansua écrit à la Première Ministre et au Ministre de la Santé. Avec comme objet : nos jeunes s’empoisonnent avec des médicaments.
Il prévient : « ce n’est pas juste une intoxication d’un soir. C’est la porte ouverte à l’échec scolaire, au chômage, à la délinquance et à la morgue. A force de gober n’importe quoi, la jeunesse se fabrique sa propre camisole ».
Que demande le médecin ?
Pas grand-chose : qu’on enquête, qu’on analyse ce fameux « Mpuku » en laboratoire, qu’on surveille les pharmacies qui vendent sans ordonnance, et qu’on aille parler aux jeunes dans les écoles au lieu d’attendre le premier mort.
Comme il le dit lui-même : « Notre jeunesse ne doit pas devenir le laboratoire d’une nouvelle toxicomanie ».
Après cette alerte santé d’un professionnel, reste à savoir qui va débrancher le congélateur.
Jimmy Sita
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