Pourquoi un retour régulier des mêmes crises en RDC!
Pourquoi, soixante-six ans après l’indépendance, notre pays reste-t-il confronté aux mêmes fragilités, aux mêmes fractures et au retour régulier des mêmes crises ? (Extrait de l’allocution du Chef de l’Etat)
Pourquoi tant d’accords n’ont-ils pas encore produit une paix durable et irréversible ?
La réponse à cette interrogation ne réside ni dans la condamnation d’un camp, ni
dans la mise en accusation d’une communauté ou d’une génération. Elle se trouve
dans des fragilités plus profondes que nous devons examiner avec lucidité.
Les fragilités profondes
La première est que nous avons trop souvent répondu aux crises par le partage du
pouvoir plutôt que par la consolidation de l’État. Nous avons réparti les fonctions
et les responsabilités sans transformer suffisamment les institutions appelées à
survivre aux hommes et aux circonstances. Or, un arrangement politique peut être
remis en cause ; seule une institution forte, légitime et durable protège la
République dans le temps.
La deuxième est que nombre de ces processus sont demeurés concentrés entre
acteurs politiques, dans des espaces éloignés des réalités quotidiennes de nos
populations.
Le peuple congolais a souvent été appelé à soutenir des conclusions qu’il n’avait
pas véritablement contribué à élaborer. Pourtant, aucun accord ne peut durer s’il
n’est pas compris, approprié et défendu par la Nation elle-même.
La troisième est que nos engagements n’ont pas toujours été accompagnés d’une
véritable obligation de résultat. Trop souvent, la signature a été confondue avec
l’action. Les responsabilités étaient mal définies, les calendriers imprécis, les
moyens insuffisamment identifiés et les mécanismes de suivi trop faibles. Ainsi, les
promesses ont parfois duré moins longtemps que les crises auxquelles elles
devaient mettre fin.
Les erreurs commises
À ces insuffisances se sont ajoutées d’autres erreurs.
Une question s’impose donc à notre conscience nationale : L’urgence de faire taire les armes nous a parfois conduits à différer le traitement de véritables causes qui les faisaient renaître. La violence a trop souvent semblé ouvrir plus rapidement les portes de la reconnaissance politique que la mobilisation
populaire, le mérite, le travail, la loyauté républicaine ou le suffrage universel.
Les victimes, quant à elles, ont parfois été appelées à pardonner avant d’avoir été
pleinement entendues, reconnues et réparées.
Nous avons voulu tourner la page sans toujours l’avoir lue jusqu’au bout. Nous
avons voulu reconstruire sans assainir suffisamment les fondations. Nous avons
voulu réformer l’État sans transformer en profondeur son rapport au territoire, à la
justice, à la sécurité, à la responsabilité publique et au service du citoyen.
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