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La vérité sur le bloc pétrolier 14 entre RDC et Angola

Acacia Bandubola signe l'avenant

Acacia Bandubola, ministre d’Etat en charge des hydrocarbures, a signé un avenant à Loanda. Qu’est-ce qui va changer? Dossier

Acacia Bandubola, ministre d’Etat aux hydrocarbures a apposé sa signature sur un document conjointement avec son homologue angolais. Il s’agit d’un avenant au contrat signé en juilllet 2023 entre les deux pays au sujet de l’exploitation pétrolière du bloc 14 dans la zone maritime d’intérêt commun ZIC à l’embouchure du fleuve Congo.

Rappel historique

Depuis 2007, la RDC avait tenté de rapprocher l’Angola sur le partage de la production pétrolière du bloc 14. car ces gisements localisés à l’embouchure étaient exploités par l’Angola via Chevron et Sonangol à Soyo, arguant que le bloc lui revenait et du coup excluait tout partage avec la RDC qui soutenait plutot que le bloc est à cheval entre les deux Etats.

Et par conséquent il faut une part de la production pour la RDC. Mais sans succès. Un contentieux vieux de près de 25 ans. Il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts, au point où certains observateurs estimaient que l’Angola devait être ménagé au regard de son engagement aux côtés de la RDC pendant la guerre d’agression de 1998.

Accord de partage de production

Après 16 ans à faire le yoyo, la RDC a finalement obtenu gain de cause. Un accord de partage de production du bloc 14 dans la zone maritime d’intérêt commun avec l’Angola, a été signé le 13 juillet 2023 à Kinshasa entre le ministre congolais Didier Budimbu et son homologue angolais des ressources minérales, du pétrole et du gaz Diamantino Pedro Azevedo.

Ce contrat consacre ce qui suit:

  1. La RDC devient co-propriétaire du bloc 14: En d’autres termes 30% à la RDC, 30% à l’Angola et 40% à l’opérateur.
  2. Le partage égal 50/50 des revenus de l’État: les deux Etats vont se répartir les revenus issus des droits et obligations. Donc sur les 60% qui reviennent aux États, 30% à chacun.
  3. Administration conjointe de la ZIC, Zone Maritime d’Intérêt Commun: Les 2 pays deviennent « concessionnaires et propriétaires des droits »
  4. Et enfin, lancer le CPP harmonisé: obligation à négocier un « Contrat de Partage de Production harmonisé » entre : RDC+Angola d’un côté et l’opérateur ( Chevron+Sonangol+SONAHYDROC+COBIL) de l’autre. Nous reviendrons dans la suite sur l’operateur.

Qu’est-ce qui va changer pour la RDC?

La zone concernée le bloc 14 en offshore, proche de Muanda au Kongo Central, est exploitée par Chevron depuis 2005. Sa Production actuelle avoisine 70 000 à 90 000 barils/jour pour tout le bloc. Ses
réserves prouvées restantes sont estimées entre 200 et 500 millions de barils, estimations faites à partir de ce qui se fait du côté Angola.

Si on s’en tient au prix actuel de 80$/baril, avec une moyenne de 70 000b/jr, le revenu brut annuel s’élève à 2,04 milliard $, soit 612 millions $ de part pour la RDC. De quoi construire plus de 1000 écoles chaque année et cela pendant 15 à 20 ans, tant qu’il y aura du pétrole. De quoi ransformer sensiblement le social. Lorsqu’ on sait que 511 millions de dollars ont suffit à construire et équiper 1198 écoles, 788 centres de santé et 145 bâtiments administratifs territoriaux, dans le premier volet du projet PDL-145 territoires. Pour y arriver, il faut que les deux pays signent rapidement un opérateur.

Un autre avantage sera la percée de la RDC dans un projet pétrolier offshore majeur. L’Angola étant le premier producteur africain de l’or noir avec plus d’un million de barils/jour, son savoir-faire en exploration, raffinage et gestion, sera bénéfique.

Quelles sont les prochaines étapes?

« Cette rencontre est avant tout l’expression d’une volonté politique partagée, celle de deux chefs d’État qui ont choisi de faire de la confiance, du dialogue et d’un destin commun le fondement de la relation entre nos deux nations. L’amitié construit des ponts là où les seuls intérêts ne dressent que des frontières. » avait déclaré Bandubola après la signature de l’avenant à Loanda le 22 juillet dernier.

Désormais les deux pays doivent contracter avec l’opérateur. En l’espèce il s’agit de Chevron car il exploite déjà côté angolais. Il représente le groupe des entrepreneurs (dont SONANGOL et Cobil SA, SOHAHYDROC).

En effet Le bloc 14 est déjà exploité par la filiale de Chevron, Cabinda Gulf Oil Company. Chevron est le plus investisseur pétrolier en Angola et maitrise bien le gisement, les plateformes, les puits; et détient 40% du bloc. En suite Forer en offshore profond est couteux. Seules les majors comme Chevron ont la techno et la trésorerie nécessaires. Et pour la RDC, il est efficient de le prendre dans un projet existant que de chercher un nouvel opérateur.

Cependant Chevron a annoncé vouloir vendre ses parts des blocs 14 et 14K à Energean, une société britannique, pour 260 millions $. Mais le partenaire local de Chevron de la joint-venture, Etu Energias, a exercé son droit de préemption depuis juin 2026. C’est-à-dire Etu Énergies veut racheter en premier les actifs de Chevron aux mêmes conditions que Energean.

Nous n’en sommes pas encore là et donc pour l’instant Chevron continue, bien que cela crée une incertitude. Si finalement Etu Energias rachète; comme nouvel opérateur ,il devra négocier le CPP avec la RDC. L’échéance 2026-2027 parait probable. Il doit détailler les taxes, les coûts récupérables, la durée, les investissements. Une fois cette étape bouclée, l’opérateur lance mes travaux.

En résumé

En conséquence, la signature de cet avenant rétabli le pays dans ses droits 25 ans après. L’embouchure du fleuve Congo se situe dans une région sécurisée pour l’investissement. Si il y a transparence et que l’argent passe bien par le trésor public, la vie des communautés riveraines, le sort du pays sera gagnant. Des infrastructures comme avec des écoles, hôpitaux, routes etc, seront construits; et la distribution des produits pétroliers sera nettement améliorée.

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