Kikwit et le rêve d’une université modèle : 500 chaises en plastique réceptionnées
Samedi, la cour de l’Université de Kikwit avait des airs de fête. Des étudiants en chemises propres, des professeurs en toge, et devant l’estrade : 500 chaises en plastique neuves, bien alignées.
Un don du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe. Remis par sa délégation, en présence du recteur et de toute la communauté universitaire.
Les acquis de la démocratie
Le ministre Patrick Muyaya était autrefois venu à Kikwit pour animer une conférence sur “ les acquis de la démocratie et les accords entre la RDC et les États-Unis”. Dans la salle, les étudiants écoutaient. Dans les coulisses, ils ont glissé un mot à ses collaborateurs : “Excellence, on manque de chaises”.
La promesse a été rapidement tenue. « Nous avons été agréablement surpris hier de voir que le don était déjà arrivé. Aujourd’hui c’était la réception officielle », raconte le recteur, le professeur ordinaire Alphonse Kapumba Nkodi.
Un soulagement pour la collation des grades
À Kikwit, louer des chaises pour une cérémonie coûte cher. Et l’université se prépare à la collation des grades académiques. « Chaque année, c’était le casse-tête. Cette fois nous avons notre propre patrimoine. Nous devons le gérer en bon père de famille », insiste le recteur.
Pour lui, au-delà du confort, c’est aussi une question de dignité : « Une salle bien équipée attire des conférenciers, donne envie d’apprendre, donne envie de rester ».
Entre espoir et défis : bâtiments, labos, agronomie
Mais les 500 chaises ne règlent pas tout. Sur le site, deux grands bâtiments R+2 sortent déjà de terre : l’un de 46 mètres, l’autre de 23 mètres. À la clinique universitaire, la première dalle d’un autre R+2 est coulée. « Nous avançons progressivement », dit-il.
Le plus grand plaidoyer porte sur l’agronomie.
Le Kwilu vit de la terre. « Nous avons déjà commandé des extracteurs, du matériel. Nous testons des cultures : pastèques, cacao, légumineuses. Nous lançons même un projet de biochar pour éviter le déboisement », explique le professeur Kapumba.
7000 étudiants et une ambition : être « verte » et connectée
Avec 7000 étudiants, 43 professeurs et 120 assistants, l’établissement grandit vite. Le campus se veut “université verte” et mise sur le numérique. « Nous avons même des étudiants tchadiens qui se sont inscrits en médecine depuis leur pays. L’internet couvre tout le campus », se félicite-t-il.
À l’approche de la rentrée, son message aux nouveaux est direct : « Nous n’avons pas des auditoires de 3000 étudiants. Ici c’est 500, 300, 200. Les parents ont confiance. Ne traînez pas. Inscrivez-vous avant fin septembre ».
Créée en 1992 par des intellectuels du Bandundu, l’Université de Kikwit est aujourd’hui dirigée par son 8ᵉ recteur. Le premier fut le professeur Richard Ngub’usim Mpey Nka.
Entre les chaises neuves et les chantiers en cours, une chose est sûre : à Kikwit, on veut croire que l’université peut devenir un vrai levier de développement pour tout le sud-ouest.
Par JS
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