Mémorial du GENOCOST : L’art de Benjamin Mbenga au chevet de la mémoire congolaise
Le Mémorial du GENOCOST à Lingwala va vibrer au rythme des pinceaux de Benjamin Mbenga, ce vendredi 28 août à 16h00
Dans une capitale qui bouillonne, qui crée, qui s’affirme de plus en plus comme le cœur battant de la culture africaine, un homme a décidé de faire parler les murs. Cet homme, c’est Benjamin Mbenga. Ce vendredi, il ne vient pas faire joli. Il vient réveiller les morts.
Kinshasa ne va pas seulement voir de l’art. Kinshasa va se voir elle-même. Une exposition-événement qui place l’art au service de la plus grande tragédie oubliée du 21ème siècle.
À travers ses œuvres, il met l’art au service de la mémoire, de la transmission et de la sensibilisation. Un devoir de mémoire que l’État peine encore à imposer au monde.
“C’est une grâce“ : le satisfecit de l’artiste
Joint en exclusivité par Congo 26.net à quelques jours du vernissage, l’artiste est habité.
Pas de discours formaté, juste de l’émotion brute.
« C’est un grand honneur pour moi d’exposer au Mémorial du GENOCOST. C’est une grâce que Dieu m’a faite. Mettre mon art au service de la mémoire de mon peuple, c’est ma part de combat pour que le monde n’oublie jamais le sang congolais versé. Tous ces millions de morts méritent plus que notre silence », lâche-t-il, la voix chargée.
On l’a compris, ce vendredi à Lingwala, ce ne sera pas un vernissage avec petits fours et champagne. Ce sera un pèlerinage. Un acte de foi.
Qui est vraiment Benjamin Mbenga, l’homme qui fait parler les rides?
Benjamin Mbenga, ce n’est pas un peintre du dimanche. C’est un archiviste de l’âme congolaise.
Inscrit dans une démarche de réflexion permanente sur la mémoire, l’identité culturelle et la sagesse ancestrale, son travail est une fouille archéologique.
Il cherche à faire parler ce que l’histoire a voulu enterrer : les rides, les silences, les héritages oubliés et les trajectoires collectives d’un peuple debout.
Son obsession ? Les anciens.
Il ne jure que par eux. Ces vieillards au visage buriné, au regard qui a traversé les époques. Pour Mbenga, ce ne sont pas des vieillards, ce sont des bibliothèques vivantes.
Les seuls vrais porteurs d’histoire, de savoir et de dignité. Son approche est d’une puissance rare : un réalisme sans filtre, fait de portraits expressifs et d’une profondeur qui vous cloue sur place. Il ne vous regarde pas, il vous questionne. Il questionne notre présent à travers la mémoire d’un passé qu’on refuse de nommer : le GENOCOST.

De Bruxelles à Lingwala, un parcours qui pèse
Si le Mémorial du GENOCOST l’a choisi, ce n’est pas un hasard. L’homme est une valeur sûre. Lauréat du prestigieux Prix Art Lokumu 2024 du Meilleur Artiste Visuel, Benjamin Mbenga a déjà conquis les cimaises au-delà des frontières.
En 2025, il avait déjà fait sensation à Bruxelles lors de l’exposition commémorative « Lumumba 100 ans », organisée du 30 juin au 30 juillet par le Centre culturel congolais de Bruxelles.
Une exposition qui rendait hommage au héros national, une autre figure du combat pour la dignité congolaise.
De Lumumba au GENOCOST, le fil est le même : la quête de justice mémorielle. Kinshasa, Bruxelles… L’homme expose partout, mais son combat reste le même, et son cœur est resté à Lingwala, là où repose la mémoire des millions de Congolais.
Ce vendredi, Kinshasa, capitale de la culture et de la mémoire, va encore le prouver.
JS
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