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Dialogue national: Ce que le peuple attend, la réflexion du député Théo Ngwabidje

Théo Ngwabidje

Le député national Théo Ngwabidje Kasi a dégainé sa contribution. Élu d’Idjwi, ancien gouverneur du Sud-Kivu, il ne mâche pas ses mots.

Pour lui, le Dialogue national convoqué par le Président n’est pas « un aveu de faiblesse ». « C’est la volonté d’explorer toutes les voies pour mettre fin à une guerre menée depuis 2021 », tranche-t-il.

Une guerre contre l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Une guerre qui saigne.

« Elle mobilise d’importants moyens financiers, diplomatiques et militaires ».
De l’argent qui, déplore-t-il, pourrait « accélérer la transformation socio-économique du pays ».

« 30 ans de dialogues. Et après ? »

Ngwabidje est lucide. Très lucide. « La RDC a connu moult dialogues et accords en trois décennies », rappelle l’élu.

Bilan : « une paix éphémère ». Le cycle des crises à l’Est n’a jamais été refermé.

Sa conclusion tombe : « Il faut regarder au-delà du dialogue lui-même ».
Cibler les causes. Pas les conséquences.

Ses 5 priorités pour ne pas rater le coche

L’ancien gouverneur pose 5 balises.

  1. Des objectifs clairs.

« Politique, sécuritaire, économique et morale ». Pas de flou artistique.

  1. Tout le monde autour de la table.

Y compris « ceux qui influencent directement la crise sécuritaire ».

Avertissement : « Évitons de reproduire les consultations ayant précédé le Gouvernement Suminwa II ».

  1. Les oubliés d’abord.

« Le vécu quotidien des déplacés du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri » doit être au centre.

  1. La paix = Développement.

Le Dialogue doit servir « d’accélérateur au Programme présidentiel en six piliers ».

  1. Penser l’après.

« Un calendrier, une institution responsable et un mécanisme de suivi ». Sinon, à quoi bon ?

« Attention aux pièges »

Et les pièges sont nombreux, met-il en garde.

« Ne confondons pas dialogue et adhésion ».
« Ne fixons pas trop tôt des lignes rouges qui dissuaderaient les acteurs clés ».
« N’ignorons pas le rapport de force réel ».
Et surtout, « ne visons pas un accord exhaustif plutôt qu’un consensus sur l’essentiel ».

Dernier mot de Théo Ngwabidje :
« Ce dialogue ne devra pas être jugé au nombre de concessions obtenues_ ».
« Mais à sa capacité à rapprocher durablement la RDC de la paix et du développement ».

JS

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