Kasaï-Oriental : Ben Kalala Muyombo réagit à la création du FRN par Joseph Kabila.
La création du Front pour la refondation de la nation (FRN) par l’ancien président Joseph Kabila et ses proches suscite des réactions au sein de la classe politique congolaise. Au Kasaï-Oriental, Ben Kalala Muyombo, président interfédéral du regroupement politique Les Progressistes de Samy Badibanga Ntita, s’interroge sur les intentions de cette nouvelle structure politico-militaire. Il remet également en question la poursuite du dialogue de Doha et plaide pour un dialogue national entre Congolais.
Pour ce responsable politique, la création du FRN n’est pas une surprise. Il rappelle que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait, selon lui, alerté sur l’implication de son prédécesseur dans la rébellion du M23.
Ben Kalala Muyombo évoque notamment des rapports des Nations unies et d’autres organismes internationaux, ainsi que les sanctions financières américaines visant Joseph Kabila, qu’il considère comme des éléments venant étayer ses accusations.
« Cela n’a pas suffi. Aujourd’hui, au grand jour, c’est Kabila qui vient d’affirmer qu’il est à la tête du M23 », affirme-t-il.
Ce responsable politique estime également que la création du FRN remet en question la poursuite du processus de Doha.
« Avec la dissolution de l’AFC et du M23 pour créer le FRN, le dialogue de Doha n’est plus important. C’est mon point de vue », déclare-t-il.
Dans sa réaction, Ben Kalala Muyombo estime que l’ancien président doit répondre de ses actes devant la justice. Il l’accuse notamment d’avoir contribué à la dégradation de la situation sécuritaire en RDC et au pillage des ressources naturelles congolaises au profit du Rwanda.
Évoquant la chute du régime de Mobutu Sese Seko en 1997, il considère que Joseph Kabila se trompe d’époque en pensant pouvoir reproduire le scénario qui avait permis à son père, Laurent-Désiré Kabila, d’accéder au pouvoir.
« Quand Laurent-Désiré Kabila est entré au Congo jusqu’à Kinshasa, c’est parce que la population avait déjà vomi Mobutu, ce qui avait rendu la tâche facile », explique-t-il.
Selon lui, le contexte politique actuel est différent, car Félix-Antoine Tshisekedi bénéficie du soutien de la population congolaise et de la communauté internationale.
« Ce qui est plus important, il a Dieu, et c’est lui le maître des temps et des circonstances », ajoute Ben Kalala Muyombo.
Malgré ses critiques, le président interfédéral des Progressistes soutient l’option d’un dialogue pour résoudre la crise congolaise. Il privilégie toutefois un processus organisé à la base, conformément à l’orientation qu’il attribue au chef de l’État, et destiné à réunir les Congolais autour des problèmes du pays.
« Le dialogue est toujours important, le dialogue à la base tel que prévu par le chef de l’État, le dialogue des Congolais et pour les Congolais », insiste-t-il.
Il exclut cependant de ce processus les acteurs qui participent aux violences contre les populations congolaises, estimant qu’ils doivent répondre de leurs actes devant la justice.
« Ce dialogue écarte les patins qui tuent les Congolais. Ceux-là doivent faire face à la justice et subir les sanctions appropriées », conclut-il.
Hervé kasonga
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