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Mémoire du Genocost : l’art comme arme contre l’oubli et l’indifférence

Genocost

Benjamin Mbenga

Au site mémorial du Genocost à Kinshasa, l’émotion était palpable vendredi 28 août .


Entre toiles chargées de douleur et visages sculptés par l’histoire, l’art s’est imposé comme un puissant vecteur de mémoire. Une exposition-hommage y a été organisée pour rendre hommage aux millions de victimes du Genocost en République démocratique du Congo.

Placée sous le thème évocateur “L’art comme forme de transmission de la mémoire du génocide“, cette cérémonie a rassemblé artistes, survivants, familles des victimes et acteurs de la société civile.

Un moment de recueillement, mais aussi de réflexion profonde sur la manière de faire vivre la mémoire à travers la création artistique.

« Cette cérémonie au site mémorial est consacrée à une exposition qui interroge le rôle de l’art dans la transmission. Nous voulons rendre hommage aux victimes, à leurs familles et aux survivants, tout en réfléchissant à comment transmettre leur mémoire aux générations futures », a expliqué Benjamin Mbenga, peintre congolais et porteur du projet.

Pour lui, l’enjeu est clair : faire de l’art un rempart contre l’oubli. « L’objectif central de cette exposition est de faire de l’art un moyen de préserver, transmettre et comprendre la mémoire du génocide, dans un esprit de respect envers les victimes et les survivants », a-t-il ajouté.

Dikisongele, Manjolo et Balufu saluent une initiative salvatrice

Parmi les personnalités présentes à cette cérémonie empreinte de solennité, l’on a noté la présence remarquée de Franck Dikisongele, peintre de renom et enseignant de Benjamin Mbenga, de l’artiste pluridisciplinaire Guillaume Manjolo, ainsi que du cinéaste et écrivain Balufu Bakupa Kanyinda.

Prenant la parole, Franck Dikisongele a salué une initiative qu’il juge salvatrice pour la Nation.

Pour ce maître, voir son élève porter si haut le flambeau de la mémoire est une immense fierté.

« Je salue à sa juste valeur cette exposition de mon élève Benjamin. Il a compris que l’artiste n’est pas seulement celui qui peint, mais celui qui porte la mémoire d’un peuple. Ce qu’il fait pour le Genocost est essentiel, il brise le mur de l’indifférence. Je l’encourage à persévérer dans cette voie, car tant que nous créerons, l’oubli ne triomphera jamais », a-t-il déclaré.

Son exposition se présente comme un véritable parcours de mémoire. Un chemin qui part de la violence subie pour aller vers la résilience et la guérison.

image-50-1024x768 Mémoire du Genocost : l’art comme arme contre l’oubli et l’indifférence

À travers ses œuvres, l’artiste explore la douleur, mais aussi la force de ceux qui ont survécu, redonnant une présence, un visage et une dignité aux victimes que l’on a voulu effacer.

Dans sa démarche, il considère les visages humains comme des archives vivantes, où les rides, les yeux et la texture de la peau portent les stigmates d’une histoire violente qu’il refuse de voir disparaître.

« Mon message repose sur trois idées essentielles : se souvenir, ne jamais répéter les violences et commencer à guérir », a martelé l’artiste.

Un message qui se veut aussi un appel à la responsabilité collective.

Pour Benjamin Mbenga, la résilience ne doit en aucun cas servir à banaliser les souffrances endurées.

Elle doit au contraire ouvrir la voie à la justice, à la réparation et à une paix durable.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de sortir la mémoire du cercle familial pour en faire un patrimoine commun.

« La mémoire des victimes ne doit pas rester limitée aux familles concernées. Elle doit devenir une mémoire commune, une conscience collective, afin que les générations futures héritent d’un engagement en faveur de la dignité et de la paix », a-t-il plaidé.

En clôture, l’artiste a exprimé sa gratitude au Fonarev pour son accompagnement dans cette démarche mémorielle. Il a invité les visiteurs à dépasser la simple contemplation esthétique : « Ne regardez pas seulement des œuvres d’art, regardez l’histoire en face. Tant que la mémoire demeure vivante, les victimes ne disparaissent pas ».

Dans ce lieu chargé de symboles, l’invitation au recueillement, à la retenue et au respect de l’émotion a résonné comme un devoir de mémoire pour toute la Nation.

JS

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