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RDC : Raphaël Musampa doute des chances de réussite de la médiation proposée par la C64

Le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala considère que la C64 défend une position qui s'oppose à la fois à toute tentative de changement constitutionnel visant à accorder un troisième mandat

La proposition de la Coalition Article 64 (C64) de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila dans le cadre d’un dialogue national inclusif suscite des interrogations. Pour le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala, analyste politique congolais, les positions diamétralement opposées des deux camps risquent de compromettre cette démarche. Il estime également que la crise congolaise ne peut être examinée sans prendre en compte le rôle du Rwanda.

Le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala considère que la C64 défend une position qui s’oppose à la fois à toute tentative de changement constitutionnel visant à accorder un troisième mandat au président en exercice et à la conquête du pouvoir par les armes.

Toutefois, l’analyste politique considère que les accusations de manœuvres constitutionnelles portées contre le pouvoir en place ne sont pas, à ce stade, étayées par des preuves suffisantes.

Le Rwanda, un acteur majeur de la crise

Au-delà des divergences entre les acteurs politiques congolais, Raphaël Musampa Tshibalabala regrette que les discussions se concentrent principalement sur les relations entre Félix Tshisekedi, Joseph Kabila et les opposants de la C64, au risque de reléguer au second plan le rôle du Rwanda dans la crise sécuritaire en République démocratique du Congo.

« On oublie l’intervenant majeur dans notre crise, qui en est même l’auteur, c’est le Rwanda », déplore-t-il.

Pour lui, la crise ne doit pas être réduite à une confrontation entre Congolais, alors que, selon son analyse, les velléités rwandaises sur une partie du territoire national constituent un élément central du conflit.

Il dénonce ainsi une situation dans laquelle les Congolais se battent et se tuent entre eux, pendant que le Rwanda est accusé de soutenir les violences et les pillages dans l’est du pays.

Une médiation aux chances de réussite incertaines

Concernant la proposition de la C64 de rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, le professeur Raphaël Musampa se montre sceptique.

« Personnellement, je doute », affirme-t-il, évoquant les positions qu’il juge diamétralement opposées entre les deux camps.

D’un côté, explique-t-il, le pouvoir en place refuse d’envisager un dialogue avec des acteurs qu’il accuse d’avoir du sang congolais sur les mains. De l’autre, l’ancien président Joseph Kabila considère que le régime actuel a conduit le pays dans une situation qu’il juge préoccupante.

Pour l’analyste, ces divergences rendent incertaines les chances de réussite de la démarche entreprise par la C64, qui entend jouer un rôle de médiateur entre les protagonistes.

Il estime qu’une telle initiative ne pourra aboutir que si les différentes parties acceptent de revoir leurs positions et de privilégier l’intérêt national.

« Il faut que chacun essaie de mettre de l’eau dans son vin pour pouvoir revenir à de bons sentiments, avoir pitié du peuple congolais », plaide-t-il.
Et d’ajouter que la résolution de cette crise relève également d’une question de comportement et de morale politique.

Joseph Kabila face à la question de sa légitimité politique

Abordant la position actuelle de Joseph Kabila, l’ancien chef de l’État qui s’est placé dans l’opposition au régime de Félix Tshisekedi, le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala juge cette posture particulièrement grave pour un ancien président de la République.

Selon lui, un ancien chef de l’État devrait plutôt jouer un rôle de conseiller et contribuer à préserver les acquis institutionnels de son passage au pouvoir.

« Il devrait jouer ce rôle-là, c’est-à-dire sauvegarder le travail qu’il a laissé. Mais maintenant, il se met à tout saper, à tout détruire. Ça, c’est très grave », déclare-t-il.

Dans ce contexte, il doute qu’un retour de Joseph Kabila dans le jeu politique national puisse être facilement accepté, au regard des accusations portées contre lui et de la situation sécuritaire actuelle.

Il estime également que l’ancien président ne semble pas disposé à reculer au vu de ses différentes déclarations, ce qui lui fait craindre une aggravation de la crise.

« Il y a lieu, je le répète, de craindre le pire. Et le pire, malheureusement, c’est pour la population », prévient-il.

Un bilan socio-économique au cœur de la confrontation politique

Le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala s’est également exprimé sur les critiques formulées par Joseph Kabila à l’égard de la gestion du pouvoir actuel, notamment dans les domaines social et économique.

Pour lui, les critiques d’un opposant à l’encontre de son adversaire doivent aussi être confrontées au bilan de sa propre gestion.

« Où sont les résultats palpables de ces 18 ans de pouvoir ? », s’interroge-t-il, en référence aux années passées par Joseph Kabila à la tête du pays.

L’analyste invite ainsi à comparer les réalisations des deux régimes, estimant que le pouvoir de Félix Tshisekedi a enregistré des avancées dans plusieurs secteurs.
Il cite notamment le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), la gratuité de l’enseignement, la construction d’universités ainsi que les travaux de construction et d’aménagement des routes urbaines à travers le pays.

Selon lui, ces réalisations ne se limitent pas à Kinshasa, mais sont également visibles dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo.

« La population est assez mûre pour apprécier, pour faire des comparaisons entre les deux dirigeants, lui qui est parti et celui qui est actuellement au pouvoir », soutient-il.
À ses yeux, les faits observables sur le terrain permettent à la population de se forger sa propre opinion sur les bilans respectifs des deux anciens et actuel dirigeants.

Un appel à privilégier l’intérêt du peuple congolais

En conclusion, le professeur Raphaël Musampa Tshibalabala appelle les protagonistes de la crise politique congolaise à dépasser leurs divergences et à placer les intérêts de la population au centre de leurs préoccupations.

Sans nier les responsabilités que chaque camp peut avoir dans la situation actuelle, il considère que la sortie de crise exige un changement d’attitude de la part des acteurs concernés.

Hervé kasonga

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